Si pour certains aller en concert se résume à transpirer et avoir du mal à voir la scène quand on est petit(e)s il faut admettre qu’ils n’ont pas totalement tort. Mais pour d’autres aller en concert est un moyen de changer de zone spatio-temporelle, de mettre sa vie sur pause et de profiter de l’instant présent et de la vibe qui nous est proposée, seul(e) ou accompagné(e). Cela fait maintenant plus d’un an que l’on travaille en partenariat avec le Pop Up du Label (Paris 12e) afin de vous proposer des concours pour des dates de concerts plus attrayantes les unes que les autres. Il devenait donc nécessaire de vous parler plus longuement de cette adresse conviviale. Pour ce faire on a rencontré Dimitri qui est chargé de communication au Pop Up, qui nous a expliqué comment Louis s’est retrouvé à monter deux projets directement liés à la musique : Le Festival Pete The Monkey  puis le Pop Up du Label.

Le Pop Up du Label est né après le Festival « Pete the Monkey », peux-tu nous raconter comment ce dernier est né et pourquoi s’est-il implanté en Normandie ? 

Ils sont quatre à avoir donné naissance au festival : Louis, sa copine, son frère Rob et un ami à eux. La famille de Louis a une maison de campagne en Normandie dans le village où se déroule le festival (à Saint-Aubin-sur-mer, 76), des cousins à eux ont aussi une maison au même endroit. 

Le projet est né quand Louis est parti vivre en Amérique du Sud. Il travaillait pour une asso qui avait pour but de créer une réserve naturelle en Bolivie pour lutter contre le braconnage et la déforestation au profit de tous les singes qui en étaient victimes. Il a fait une vidéo avec son téléphone d’un singe qui faisait la vaisselle et l’a postée sur internet. Elle a commencé à prendre pas mal de vues puis un mec l’a contacté pour monétiser la vidéo sur youtube. Il a commencé à recevoir pas mal de demandes de différentes chaines comme la BBC, National Geographic etc. La vidéo a commencé à générer de l’argent avec lequel il a crée l’association « Pete The Monkey » afin de reverser de l’argent à l’association avec qui il a travaillé en Bolivie.

Au bout de quelques années la vidéo était de moins en moins visionnée, il y avait moins d’argent qui rentrait donc il s’est demandé comment faire pour générer plus d’argent autour d’un truc cool qui véhiculait ces valeurs là. Il a crée le festival « Pete The Monkey », en hommage au singe qui faisait la vaisselle. L’idée c’était de faire de l’argent via des concerts pour le renvoyer en Bolivie. 

La première année ça s’est fait avec ses cousins, des amis d’amis, autour d’un petit cercle centré dans ce village normand, c’est donc assez naturellement que le festival s’est implanté là bas. Pendant la première édition ils ont accueilli environ 150 personnes et depuis ça augmente tous les ans. Aujourd’hui le festival accueille 3500 personnes par jour (festivaliers, staff, bénévoles et artistes inclus).

Le défi c’est d’associer ce côté tropical qui représente la cause, et puis même c’est con, mais c’est l’été donc : soleil, chaleur et chemises hawaïennes c’est de saison, le tout à la sauce normande, qui est parfois moins ensoleillée, même si depuis 7 ans on a pas à se plaindre !

Comment se décide la line up du festival, est ce qu’aujourd’hui le Pop Up vous sert à optimiser la programmation estivale ? 

Au départ je pense que c’était plutôt des potes de Louis qui avaient des groupes qui jouaient sur le festival. Son frère était manager de quelques petits groupes en Angleterre donc ils ont aussi élargi la progra comme ça. Au début ça fonctionnait plus par réseaux et quelques coups de coeur qu’ils réussissaient à faire jouer là bas. 
Maintenant on se sert beaucoup plus du Pop Up, ça fait presque trois ans que je travaille ici. On est passés de 3 à 6 dates par semaine, c’est un petit labo où l’on trouve nos coups de coeur pour jouer sur le festival. Si ça marche bien au Pop Up et qu’on aime bien c’est cool ! 

Vous avez lancé les Monkey Sessions en complément du festival, comment l’idée est-elle venue ? 

Ça c’est hyper cool oui ! Le mec a qui on loue les bureaux du Pop Up à côté est photographe de base et il travaille à mi-temps avec nous c’est lui qui lead ce projet là. En fait on se met d’accord sur une dizaine d’artistes en amont, on envoie les demandes et on en sélectionne 5/6 à filmer. On enregistre les sessions sur le festival ou un peu en dehors, on en a fait dans une petite chapelle à côté, dans le jardin de Louis, sur le parking de la plage aussi, mais ça reste sur des spots assez proches du festival.
Le challenge maintenant après presque 6 ans de sessions c’est de trouver de nouveaux spots. Celles de cette année sont presque toutes terminées on en a notamment avec Uto, Johan Papaconstatino, Bumby ou encore Aloise Sauvage

Combien de temps prend la réalisation de ces sessions en général ? 

Les gars sont là pendant une semaine sur le site, il y a toutes les prises de contact à faire avec les groupes, sur les 3 jours du festival ils en tournent 2 ou 3 par jour. Ça peut très bien se faire en 1h, 1h30 mais parfois il y a des complications et ça prend beaucoup plus de temps. Le plus relou c’est de caler des créneaux entre le moment où les artistes arrivent, le moment des balances, du catering et le moment de leur passage. Donc ceux qui bossent sur les sessions n’ont pas beaucoup de marge de manoeuvre.

Après il reste toute la post production à faire et ensuite on l’envoie au management des artistes qui valide ou non. Parfois il y a encore des retouches à faire, parfois il faut la refaire totalement. Parfois même elle finira par ne pas sortir parce que le management ne veut pas sortir le morceau car ce n’est pas la bonne période. C’est vraiment un projet à part pour tout ceux qui bossent dessus c’est en plus de leur travail à l’année du coup ça prend un peu de temps. Le festival est sur la base du bénévolat et cette partie du projet l’est d’autant plus.

Ça serait quoi la line up idéale pour l’été prochain ? Est ce que vous avez déjà des pistes pour la prochaine édition ? 

On a des idées mais on a rien commencé réellement encore. Le truc c’est que Louis, Pauline et moi on est ici et le reste est à Londres donc c’est toujours un peu compliqué pour se voir. En plus vu qu’on est un festival caritatif on est toujours assez limité niveau programmation parce que c’est compliqué d’avoir de gros artistes quand tu n’as pas le budget pour. 

Moi j’aimerais beaucoup avoir Jungle mais je ne sais pas si ça fera l’unanimité, notre but c’est de proposer des artistes qu’on aime bien qui ne sont pas encore trop connus et qui seront susceptibles de plaire aux festivaliers en live.

Quelques années après la création du festival est né le Pop Up du Label, comment ça s’est passé, d’où est venue l’idée de monter un concept de restaurant, salle de concert et galerie ? 

Le Pop Up du Label a été crée par Louis et un autre associé. Ils ont repris une ancienne salle qui s’appelait « Les combustibles » qui était très axée rock garage donc un peu plus vener, il y avait beaucoup de problèmes avec le voisinage et ça ne tournait pas très bien financièrement pour eux. C’est pour cette raison que quand Louis et son associé ont repris la salle ils devaient créer quelque chose seulement pour quelques mois. Au bout d’un ou deux mois ils ont été en contact avec la radio Nova qui est venue s’installer ici pour faire des événements avec une partie concert et une partie live radio à l’étage. Cela a commencé à ramener pas mal de monde. Au bout de trois mois ils se sont dit que finalement ça valait peut être le coup de continuer le projet !

Sam Fender

Le Pop Up du Label s’appelle comme ça parce qu’on est situé au 14 rue Abel (M°Ledru Rollin/Gare de Lyon) et qu’à la base ils avaient eu l’idée de monter un label de musique et le Pop Up parce que ça ne devait être qu’éphémère. Depuis c’est difficile de se détacher du nom mais on a refait toute l’identité visuelle pour se résumer à Pop Up parce que c’est moins long et que ça fonctionne mieux. 

Louis gère la partie programmation et son associé est plus sur la partie restau. L’un des avantages du Pop Up par rapport aux autres salles c’est qu’il y a le restau à l’étage, ceux qui viennent au concert ne le savent pas forcément mais les pro et les bookers le savent et ils peuvent inviter des gens à manger ici et aller au concert après. Le mardi on a des soirées Jazz aussi du coup c’est une clientèle plus aisée et habituée qui vient pour la musique et non pas un artiste en particulier du coup ils viennent manger et vont au concert après. Au bout de 2/3 ans l’affaire a commencé à bien tourner. 

Avant de rejoindre l’équipe du Pop Up je travaillais pour Alias avant une boite de prod et on faisait des dates ici, c’est comme ça que j’ai rencontré Louis, il avait besoin de quelqu’un pour développer un peu la partie musique et c’est comme ça que j’ai commencé à travailler ici.

Sam Fender
En parlant de bookers est ce que vous avez entièrement la main mise sur les dates que vous proposez ? Comment vous choisissez la programmation ?

L’avantage c’est qu’on est « associé à personne » après on a forcément des affinités niveau style de musique avec certains plus que d’autres mais oui on est libres ! Concrètement ce qu’il se passe c’est qu’on a un agenda à remplir, soit on a des demandes directes de petites groupes français, parisiens, ou même internationaux parfois qui ne sont pas forcément représentés par des pros. Soit ce sont des bookeurs du genre Alias, Super!, Octopus, Uni-T qui nous demandent des disponibilités sur telle période pour tel artiste. 

Fake People

Si ça ne colle pas du tout c’est toujours délicat de refuser parce que si derrière ils ont un artiste cool à proposer ils iront peut être voir ailleurs vu qu’on aura refuser, mais dans l’idée on est libres : on est pas associés à une prod qui nous impose la progra ! 

L.A. SALAMI

C’est d’autant plus vrai maintenant parce qu’avant on était à 2/3 dates par semaine. Maintenant on est passé à 6 dates par semaine on a beaucoup plus de demandes qu’avant donc on a plus « d’autorité » dans le sens où si l’on voit que c’est une date qui va se planter c’est dans l’intérêt de tout le monde de ne pas la faire. On a une salle qui peut accueillir 150 personnes, même si ça arrive de moins en moins souvent il y a encore 2 ans on faisait des dates avec 20/30 personnes dans le public et dans ces moments là tu te dis que putain c’est triste pour l’artiste et pour nous. Mais c’est le parti pris de programmer des artistes émergents, même si prix de la place tourne toujours autour de 10€ mais je pense que parfois en France certains ne sont pas assez curieux. 

Mais à côté de ça on a été les premiers à avoir des artistes comme Mahalia, Ama Lou ou Col3trane qui ont généré un très grand engouement et ce sont des dates qui se sont sold out très vite, alors qu’au moment où on nous a proposé Ama Lou on a été hésitant par exemple. Avec la programmation on peut toujours avoir des surprises !

Vous organisez parfois des soirées clubs (jusqu’à 5h) est-ce que vous en prévoyez plus cette année ? 

Avec la rentrée là on a fait beaucoup de concerts sur les week-ends ce qu’on faisait moins l’année dernière. Mais là le soucis des concerts le week-end c’est que les gens viennent pour le concert et se barrent après, à 23h y’a plus personne et nous financièrement on ne s’y retrouve que si ça consomme un peu au bar. En réalité, la vente des places nous permet de rembourser le salaire du barman et de la sécurité mais ça nous fait pas gagner d’argent. Si un samedi soir tout le monde part après parce qu’il n’y a pas de soirées club en bas c’est vrai que c’est un peu plus compliqué…
Là on est booké jusqu’à la fin de l’année mais à partir de 2019 on va essayer d’en refaire un peu plus !

L.A. SALAMI

A la rentrée prochaine on va essayer d’avoir la licence « discothèque » pour pouvoir ouvrir plus tard, parce que pour l’instant on est que bar/restaurant donc l’autorisation c’est 1h45. Quand on fait des soirées clubs ils nous faut des autorisations spéciales mais tu ne sais jamais vraiment à l’avance si c’est bon ou pas. Donc parfois on prévoit une soirée jusqu’à 2h et deux jours avant on apprend qu’on à l’autorisation d’ouvrir jusqu’à 6h donc il faut qu’on trouve de quoi remplir le reste de la soirée ce qui n’est pas idéal.

Si on a la possibilité d’avoir la licence, l’idée ça sera de pouvoir pousser des soirées jusqu’à 3/4h du matin histoire de faire tourner la salle après le concert. Parfois les gens ont envie de rester donc ça apporterait vraiment un plus de pouvoir le faire ! Et puis à terme je pense qu’on ouvrira un petit format club avec un autre type de programmation mais ça ce n’est pas pour tout de suite parce que ça demande pas mal de changements logistiques mais c’est le prochain gros développement qui sera fait !

Vous avez ouvert la galerie du Pop Up il y a peu qu’est ce qui y est prévu dans les mois à venir ? 

Oui ça fait partie des développements apportés à la structure, maintenant on a de vrais loges pour les artistes avant c’était dans le bureau derrière les cuisines du Pop Up, après ça a été dans le restau, puis dans la galerie, et maintenant elles sont en bas on peut enfin réellement exploiter l’espace galerie. Pour l’instant la galerie sert à faire des vernissages sur une soirée, avec parfois une soirée pour le décrochage mais elle n’est pas ouverte tout le temps, ça fait 10 jours qu’on a lancé les premiers vernissages.

Crédits : PE Testard

Là le but c’est d’avoir pas mal d’illustrateurs ou des petits pop up stores qui veulent occuper l’espace pendant une semaine par exemple, je pense qu’on va pas mal fonctionner au coup de coeur. Mais ce qui fonctionnera le mieux ce sont les soirées avec des illustrateurs qui ont des planches ou autres goodies à vendre à côté, parce que même quand la galerie est fermée de l’extérieur on voit les oeuvres donc les gens sont curieux et ça montre aux gens du quartier qu’on ne fait pas que la fête ici !  

Pour la partie restaurant comment vous fonctionnez niveau menu ? 
Crédits : PE Testard

On change de carte toute les semaines, il y a toujours un plat viande, un poisson et un végétarien à la carte. Le midi, la formule entrée + plat est à 13€, pour le quartier c’est vraiment abordable et surtout qualitatif !  Là on commence enfin à faire un bon nombre de couverts tous les midis mais c’est toujours pas hyper rentable parce qu’on change la carte toutes les semaines et qu’on ne fait plus de plats classiques comme les burgers ou les bavettes que tu peux acheter à Rungis à un prix défiant toute concurrence. Maintenant on part sur des produits plus originaux et de saison du coup ça nous revient plus cher.

Quand j’ai commencé à travailler ici on faisait une vingtaine de couverts, maintenant on en fait une cinquantaine tous les midis donc c’est très encourageant, on a pas mal de réguliers ! Quand tu regardes, pour 13€ dans le quartier tu n’as pas beaucoup d’options, tu peux aller manger une pizza à côté mais pas grand chose d’autre. De plus on a l’handicap d’être derrière les arches, donc on est un peu cachés ce qui peut être un point très positif mais la terrasse est toujours à l’ombre donc quand il fait beau un 15 octobre les gens ont envie de manger en terrasse au soleil quoi. Mais globalement on reste très contents de ce qu’on sort et c’est à nous d’optimiser en interne les marges, on y va petit à petit !

Vous l’aurez compris le Pop Up est une adresse incontournable pour tous les curieux, que ce soit niveau nourriture, son ou art en général le Pop Up n’a pas fini de vous surprendre ! 

APRE
Le Pop Up vous propose sa playlist composée d’artistes ayant déjà fait une date sur leur scène.

Les concours Slap! x Le Pop Up du Label à venir sur notre instagram :

Billy Lockett // Stella Donnelly // Kaleem Taylor // Connie Constance // Riz La vie // Mild Orange // FREDO // Gaika // Omar Apollo