On débarque au festival

Avec une grande envie de DANSER, de rencontrer de partager, de nager dans cet esprit de la musique électronique club, parfaitement bien représentée depuis 24 années maintenant par le festival ASTROPOLIS qui séduit encore aujourd’hui toujours autant d’amoureux du dance-floor. La première soirée à l’Astroclub tient toutes ses promesses, de belles filles montent sur les podiums et dansent pleinement, la foule est pleine et mouvante, je tombe amoureux du son d’Ancien Methods, complètement dingo de modernité et d’intelligence, me satisfais d’enfin voir le plus discret Aleksi Perala que j’écoutais uniquement sur les internets jusque là. Ces rencontres sonores ne s’arrêtent pas à la fin du dernier DJ Set mais se poursuivent bien toute la matinée en after dans un appartement du port de Brest avec d’autres amoureux de la techno –Youtube est notre ami, on a accès à quasiment tout- et c’est toute une histoire de cette musique rave qui se transmet entre les différentes générations. Les âmes légères veulent poursuivre la déconnexion dans le monde infini du son, cela tombe bien puisqu’il reste pas mal de moments forts à vivre, au sein de ce festival électronique brestois aux multiples décors.

©David Boschet

Astroclub – Aleksi Perala ©David Boschet

Le samedi après-midi

C’est un moment particulièrement agréable à Brest quand a lieu le festival, cette petite ville qui accueille à ce moment-là un nombre assez important de meufs et de mecs qui aiment faire ce qu’on appelle la fête, la teuf, eux qui accordent une importance toute particulière au fait de s’amuser ensemble tout en privilégiant une certaine qualité sonore. Et pour cela on a le choix entre Beau Rivage, le Lavoir NVNA, le MIX’N’BOULES Place Guérin ou encore le Square Alphonse avec cette année SUBMARINE & FRIENDS.

Et il en ressort un esprit bon-enfant, plutot simple et hyper positif qui fait du bien pour commencer l’été. S’assoir avec son ami dans l’herbe et observer ce que la musique peut produire sur les corps est très jouissif, voir des jeunes artistes émeger derrière leurs platines ou des plus vieux confirmer tout le bien que la toile pense d’eux est quelque chose de puissant également.

Square Alphonse Juin w: Submarine - ©Axel Fontaine

Square Alphonse Juin w: Submarine – ©Axel Fontaine

Puis c’est le grand soir qui arrive

Et plus vite qu’on ne l’imaginait, place à la « Grande Messe » comme ils l’appellent, le pompon, la cerise sur le gâteau, l’apothéose, l’apocalypse aussi, là où on ne vit que pour une seule chose, le rythme. Le rythme  techno, inimitable, à la fois répétitif, sans concessions, brutal, sombre, massif, et qui s’entoure de ses mélodies plus colorées, de ses transitions, et sa structure qui rentre dans nos têtes et accompagnent nos pensées ou bien les chassent pour ne laisser place qu’aux pulsions de vie des corps. On peut citer au hasard Dax J, Laurent Garnier, Nina Kraviz, LSD, et les remercier pour les sensations qu’ils provoquent à l’intérieur de nous, grâce à leur présence au sein de festivals de goût, comme peut l’être Astropolis. Ce festival cristallise une certaine esthétique nocturne née d’une rencontre entre des sons, des mouvements, des regards, laissant émerger d’elle-même une énergie collective puissante et jouissive.

Keroual - Dax J - ©Axel Fontaine

Keroual – Dax J – ©Axel Fontaine

Chacun fera sa soirée

Chacun ira ici et là en fonction de où son corps l’emmènera. Cette sensation de liberté est permise indéniablement par les festivals techno, parmi lesquels Astopolis fait figure de proue, tant il met en place un dispositif idéal pour aller et venir sur le fil conducteur du son. Pour ma part j’ai fait mon chemin avec une jolie fille, entre balades insolites et arrêts devant des sons qui nous attirent, nos bouches non pas pour parler mais pour se toucher, les oreilles pour écouter sans arrêt les créations brutes de jeunes personnes à qui on a donné un don, et qui se chargent assez naturellement de l’utiliser pour transmettre des émotions. Les amoureux heureux se retrouveraient donc ici, dans ces nouveaux eldorados, Woodstock traînant toujours dans nos têtes comme quelque chose d’exceptionnel que nos ancêtres ont vécu… mais nous on pourra dire qu’on aura vu Laurent Garnier.

Yinn Grab pour Slap