Bonjour Mathilde Fernandez, plongeons-nous pour Slap dans ton processus créatif à travers le titre Oubliette, via les cinq étapes de Didier Anzieu, psychanalyste.

1. L’inspiration

Où puises-tu l’inspiration pour ton projet musical ?

L’expérience du monde, de la vie, les fantaisies, les aventures, les miennes et surtout celles des autres, celles des gens qui n’existent pas.

Pour ce morceau, de quoi es-tu parti à l’origine ?

Je suis partie du titre. Un jour je suis (re)tombée sur ce mot « Oubliette » , je l’ai trouvé musical mystérieux et mignon. Il a plusieurs facettes, différentes façons de le lire, de le prendre, de le dire et cela m’a donné l’envie de lui faire une chanson.

2. La prise de conscience des processus inconscients

Quel est le sujet évident de la chanson selon toi ?

Le rejet, l’interdiction, l’isolement de force mais également celui que l’on choisit. La solitude, le manque de compréhension, l’envie de se replier sur soi-même afin de retrouver un peu de chaleur et de lumière.  

Quels thèmes aborde-t-elle plus en profondeur ?

La censure, l’impossibilité de faire passer un message ou d’être tranquillement celui ou celle qu’on est. Il y a de la violence dans certains mots qui essayent de traduire en douceur la bêtise et la méchanceté d’un monde face à la différence.

3. Le choix du code

Quel matériel musical et procédés techniques as-tu utilisés pour concevoir ce morceau ?

Je compose les mélodies initialement au piano. J’avoue avoir mis du temps avant de finaliser celui-ci. Au départ cette instru traînait un peu sur mon disque dur et je voulais intituler « Oubliette » une autre mélodie. Il y a eu un peu de temps avant que les deux fichiers fusionnent. Au moment de la composition j’écoutais beaucoup l’album Einzelgänger de Giorgio Moroder, de longues plages romantico-dystopiques électro très seventies. Je pense qu’on retrouve de ça dans Oubliette. J’ai finalisé ce morceau auprès de mon ami Thomas Suire (INFECTICIDE) dans son studio à Paris, nous avons retravaillé ensemble toute la partie basse et rythmique et Thomas a enregistré des parties de thérémin, instrument assez complexe qui a l’air d’une grosse antenne dont Thomas à le secret.

4. La conception

Peux-tu nous parler un peu des conditions de sa conception ?

Au départ j’ai enregistré tout le morceau avec de l’auto-tune sur la voix, Oubliette était l’excuse d’un morceau dont le titre, un peu moyenâgeux, amenait une touche de voix standardisée et futuriste. À ce moment là j’écoutais pas mal d’urbain (très original ces temps-ci) et j’avais envie de faire l’expérience de ça. J’ai fini par ne garder de ces premiers essais vocaux que de très légères touches. 

Quelle métaphore utiliserais-tu pour la décrire ?

Quelle métaphore utiliserais-je pour décrire la conception d’Oubliette ? «  De l’ombre à la lumière » c’est pas vraiment une métaphore mais c’est ça qui me vient, quand j’y repense c’est un morceau que je ne comptais pas particulièrement mettre en lumière, mais il s’est imposé. 

5. La diffusion

Comment le public accueille sa diffusion sur la toile et dans les salles ?

Je le joue depuis peu et donc je n’ai eu que rarement l’occasion de le présenter. Je sais que c’est un morceau qui parle aux romantiques. Parmi les quelques retours plusieurs personnes me disent que c’est un morceau qui leur a fait du bien au moment où ils l’ont entendu. Je crois que c’est une chanson pour les détresses d’automne, plutôt atemporelle. 

Il commence a y avoir chez nous tous une saturation de l’ère contemporaine, les écrans, les nouvelles technologies, le parasitage permanent… ce monde s’enraye et donnerait envie de s’enterrer, de tout oublier.

Merci infiniement !