Bonjour Barbarella Wang ! Avec Flavien, on te retrouve avec un nouveau morceau, avec lequel tu prends un sacré beau virage. C’est tout neuf, c’est excitant, c’est réussi, on a envie d’en savoir plus. Tentons de décrire ton processus créatif via les 5 étapes décrites par Didier Anzieu, psychanalyste et professeur de psychologie, auteur notamment du « Corps de l’oeuvre ».

1. L’inspiration – l’état de saisissement créateur

Peux-tu nous décrire dans quelle situation a émergé le tout premier
élément de cette œuvre ?

L’été 2016 je suis allée à Cabourg mon Amour où j’ai vu Flavien Berger jouer au bord de la plage sur un coucher de soleil, un de mes meilleurs concerts. J’étais dans une phase de réflexion quant à mon projet musical, je savais déjà que je voulais prendre une direction artistique différente de ce que j’avais déjà réalisé mais je ne savais pas encore laquelle. J’ai rencontré un producteur parisien là bas, on a discuté et il a décidé alors de m’envoyer une instru’ qui me plaisait plutôt bien.
J’ai réalisé une maquette, pour la première fois en français que j’ai finalement laissé de côté puisque le producteur en question n’avait pas forcement adhéré au texte que j’avais pu écrire… J’avais donc cette piste voix que j’aimais et que j’espérais utiliser un jour, ça a été le premier élément, la voix.

Quelles autres œuvres t’ont beaucoup inspirées récemment ? Dans ta vie
en général ?

Je suis allée un soir voir Luigi Tozzy et Audio Verner, je suis sortie de cette soirée époustouflée par les deux artistes, Luigi Tozzy m’a fait découvrir Donato Dozzy avec le morceau « Cassandra », ça a été la révélation. Il y a Lucy aussi, SAM, Pearl River Sound et bien d’autres encore, je trouve que les artistes de qualité fleurissent de toutes parts avec des oeuvres parfois monumentales comme Prince of Danemark et son album « 8 » par exemple.

2. La prise de conscience des représentants inconscients

De manière générale, comment prends-tu conscience que quelque chose se passe de l’ordre de la création ?

Je me pose devant Studio one, je prépare mon micro et j’ouvre un nouveau projet, haha.

Pour ce morceau en particulier, quel état d’esprit a accompagné sa genèse ?

J’étais paniquée et pleine de doutes, les années passaient et les tentatives de collaborations avec d’autres artistes pour retrouver la musique étaient vouées à l’échec. Je me suis donc consacrée à la composition mais, c’est assez difficile de prendre du recul sur quelque chose qu’on ne maitrise pas encore totalement. J’avais des morceaux en attente, j’avais ce titre « Flavien », je savais que je voulais le sortir, mais je ne savais pas si, après tout ce temps, j’allais pouvoir aller au bout des choses en assumant pleinement ce que j’avais nouvellement réalisé.

3. Le choix du code organisateur, le choix d’un matériau apte à donner
corps à l’oeuvre

Pourrais-tu justifier la composition de ce morceau une fois fini, en la comparant peut-être à l’idée de départ ? (composition = sons, textures, rythmes, etc)

Avec ce morceau je suis restée sur l’idée de départ, quelque chose de lointain, linéaire, répétitif, un peu comme en retrait, sans moment d’explosion particulier. J’ai produit ce morceau de manière très instinctive.

4. La conception – composer l’oeuvre dans ses détails

Comment tu t’y es pris pour le concevoir ? (quels moyens tu as utilisés,où, quand, avec qui, etc)

Cette année j’avais déjà commencé à composé quelques morceaux sur Reason, j’en ai sélectionné trois pour passer en phase d’arrangement avec Seb (Jaka), un ami à moi très doué, autant dans la composition
que dans le mix. Il est plutôt spécialisé dans la drum and bass/ jungle mais a une technique tellement développée qu’il a su se fondre en mon projet afin d’en faire ressortir le meilleur, il bossait sur Studio one et m’a convaincue de l’essayer.

« Flavien » a été ma première composition, la première satisfaction, j’étais vraiment heureuse d’avoir pondu quelque chose qui se rapprochait clairement de la direction que j’avais envie de prendre. Pour tenter, juste comme ça, j’ai ressorti du placard la fameuse piste voix qui trainait depuis bientôt trois ans dans mon ordinateur et j’ai calé le tout, ça fonctionnait bien, j’avais un texte que j’aimais sur ma première compo’ studio one. On a bossé ça durant deux jours avec Seb et j’ai sorti le morceau une fois terminé, le 20 mars.

5. La diffusion – produire au dehors

Qui a pu l’écouter en premier ?

Mes amis, qui m’ont supportée ces années durant, m’encourageant dans le travail entamé, ils savaient tous que pour moi, c’était un soulagement à la clef, et c’est surtout ce que j’avais réellement envie et besoin de le faire. Sinon, j’étais seule dans tout ce processus, je ne voulais rien partager avant d’être sure de moi et de mon travail.

Au moment de sa diffusion, quels étaient tes souhaits par rapport à ce qu’allait procurer ce morceau chez les gens ? Que s’est-il passé dans la réalité ?

Je n’avais aucun souhait particulier, c’est pour ça que j’ai décidé de sortir ce morceau « seule », j’avais choisi la date, je voulais le poster et continuer à bosser sur mes prochains titres.
Je savais que c’était totalement different de mon premier EP et que ça pouvait déplaire mais c’est la direction que j’ai vraiment envie de prendre. Une page spécialisé dans la musique électronique a posté le morceau sur youtube et il fait son petit chemin, d’ailleurs je ne m’attendais pas à ce que les lectures continuent le lendemain du post fait sur ma page Facebook, je suis donc très contente et j’ai de bons retours. J’ai hâte de faire découvrir le reste de mon travail !

Merci beaucoup !

Barbarella Wang

Barbarella Wang