Mieux vaut tard que jamais. Cet adage prend tout son sens avec l’incommensurable travail de Salut C’est Cool, sortie au début de l’été, et que la rédac hyper pointue de Slap a choisi de vous présenter, avec certes un peu de retard. Follement intitulée « Les Indes Galantes », ce rework d’un opéra ballet de 1735 a propulsé  le groupe dans le gotha des adeptes du kitch et du décalage total. Les uluberlus de Panam’ ont en effet choisi le mois de juillet, ses tongs, ses festivals, et son tour de France pour revisiter une oeuvre de Jean-Philippe Rameau datant de 1735. Les loustics en ont fait un grand n’importe nawak à leur image, mêlant effets spéciaux « impressionnants » et lyrics toutes droit sorties de la bouche de Dieu un soir de grosse cuite.

La raison pour laquelle ce petit bijou est passé quelque peu inaperçu sur la toile relève du mystère. Le terme « bijou » est sans doute inapproprié, tant la folie et le génie se tutoient tout au long des différents actes. Au point de finir par se demander si ces 4 quatre-là n’ont pas littéralement pété un câble.

Les Indes Galantes, c’est donc un opéra ballet low cost, composé de plusieurs histoires non reliées entre elles, baptisées « entrées » par un narrateur qui est en fait Louis Donnot, l’un des membres du groupe. Ces « entrées » permettent de s’attarder sur l’histoire d’amour grandiose de personnages tels que Valère, une éponge échouée sur une plage (plage qui n’est autre qu’un évier de cuisine), ou encore Tacmas le tigre catcheur et son acolyte Ali.

 

Entre ces scènes d’un romantisme assumé, on trouve des morceaux mythiques cachant des messages subliminaux et subversifs, comme on aime tant de la part du groupe. Avec notamment la chanson « C’est l’or » inspirée des légendaires tribus Incas du Pérou. Ou encore l’inexplicable « fête des fleurs », qui met en scène Tacmas, Ali et leur ami le téléphone (ainsi qu’un frigo, dont on ne sait pas ce qu’il fout là). Le tout saupoudré de magnifiques champs de lavandes et de papillons multicolores. Les morceaux bizarres s’enchainent et l’incohérence devient la norme, avec l’apparition régulière des membres du crew chantant, dansant, volant et rampant.

Impossible pour moi de vous donner plus envie de succomber au charme et au décalage de ce groupe qui cultive le kitch de façon traditionnelle et sans artefact. Les gars arrivent en effet à nous distraire avec des effets sonores et vidéos tout droit sortis des années wallace. Et en plus ils balancent ça gratos sur Youtube.