Hello Colombey ! Après un concert remarquable à Amiens nous souhaitions en savoir plus sur ton processus créatif. Notre choix s’est porté sur ta chanson ‘La dernière 8.6 de la ville’ et nous avons donc préparé quelques questions à partir des cinq étapes décrites par Didier Anzieu.

L’Eau Noire by Colombey

1. L’inspiration. À quel moment as-tu eu l’idée de créer cette chanson ? De quoi c’est parti ?

À peu près comme pour tous les morceaux que je fais sous le nom Colombey, je me suis mis au boulot en m’imposant une série de contraintes (variables et plus ou moins respectées selon les morceaux). Là en l’occurence j’utilise comme très souvent un rythme pré-programmé tiré d’une machine, et l’action de la chanson se déroule dans un rayon de 100km autour de Saint-Dizier (ici à St-Dizier même).

Colombey - La dernière 8​.​6 de la ville (visuel choisi par l'artiste)

Colombey – La dernière 8​.​6 de la ville (visuel choisi par l’artiste)

2. La prise de conscience. Elle apparait en premier dans l’album et semble lancer les ébats, est-elle également apparue chronologiquement avant les autres ? Quel(s) sujet(s) traite(nt)-t-elle selon toi ? T’a-t-elle appris des choses ?

Au début je ne voulais pas l’intégrer dans l’album car je la trouvais en deçà de bien d’autres, notamment au niveau de la maîtrise du chant et des paroles que je trouve pas forcément très riches. Mais Charles du Turc Mécanique a un peu insisté, et c’est vrai que c’est une chanson qui est la préférée pour la plupart des gens, je crois que c’est une de celles sur le soundcloud qui a le plus d’écoutes. Chronologiquement elle est plus récente que la plupart des autres titres du disque, et elle traite toujours et encore du même sujet inhérent à Colombey, qui est la vie dans les bleds paumés de l’est Parisien et de la Champagne.

3. Le choix du code. Parle-nous s’il te plaît du texte et de la musique : comment sont-ils arrivés, qui a influencé qui, qui a nourri qui et comment ? Avec du recul comment tu vois ton processus, changerais-tu quelque chose ?

Je commence quasiment toujours par écrire la musique et les paroles viennent par la suite; un processus assez classique, l’inverse est très délicat, même si ça m’est déjà arrivé de le faire. Pour ce morceau j’ai utilisé un très bel instrument que je possédais à l’époque, un orgue Farfisa des années 80, un des derniers produits par la marque avant sa faillite, et donc le morceau porte sa couleur très caractéristique.

4. La conception. One shot ou travail d’orfèvre ? Si tu devais comparer cette chanson à l’œuvre d’un autre art quelle serait-elle et pourquoi ?

Quand j’enregistre pour ce projet, la plupart du temps j’emprunte un orgue, ou m’immisce chez des gens qui en possèdent un, et j’enregistre le plus d’instrumentaux possibles en ce temps limité, que je complète par la suite chez moi. Là j’avais l’instrument à la maison, donc j’ai passé beaucoup de temps sur l’instrumentale qui est sans doute plus étoffée que celle de la plupart des autres morceaux. Difficile néanmoins de comparer ce procédé avec celui d’autres arts !

Colombey - la dernière 8.6 de la ville (visuel choisi par l'artiste)

Colombey – la dernière 8.6 de la ville (visuel choisi par l’artiste)

5. La diffusion. Qu’as-tu ressenti quand tu lâchais ce morceau dans la nature ? Qu’aurais-tu voulu lui dire avant qu’il ne parte si tu pouvais lui parler ? Et maintenant qu’il est un peu loin ?

Comme dit précédemment j’étais pas totalement convaincu par ce morceau, j’y ai passé beaucoup de temps et j’arrivais pas à le peaufiner parfaitement, il avait toujours un petit goût d’inachevé. Maintenant tout ça est un peu loin, et ses supposées imperfections me frappent beaucoup moins. Je chante même ce morceau en concert depuis peu.